Covid, vos données mobiles sont moins fiables qu’on ne le dit

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Écrit par Grégory Hénique

Auteur sur mes 2 blogs depuis 2009/2010.

 

L'écriture est ma passion mais l'optimisation SEO / IA fut un passage obligé pour gagner ma visibilité.

 

Présentation

une femme masquee et son telephone en periode de covid

Ce qui suit n’est pas un réquisitoire. C’est une tentative de comprendre pourquoi, 5 ans après, nous n’avons pas tiré les leçons.

La CNIL a tenté de rassurer dès mars 2020. La ministre de la Recherche, Frédérique Vidal, affirmait que le suivi mobile ne servirait pas à dénoncer les malades ni les suspects. « On n’en est pas à ce stade-là », disait-elle. Personne ne pouvait garantir ce qui se passerait au stade suivant.

Les données mobiles et le coronavirus ont formé un couple prometteur et inquiétant. D’un côté, des cartes de mobilité capables de prédire la propagation du virus. De l’autre, une question non tranchée : jusqu’où collecter avant de basculer dans la surveillance de masse ?

J’ai suivi ce débat pendant la pandémie. Pas en épidémiologiste, ni en juriste. En ancien OPJ habitué à manier des données sensibles dans un cadre procédural strict.

Ce que j’ai vu m’a laissé un goût amer. On a déployé des outils puissants sans débattre de leurs angles morts.

L’illusion du consentement dans l’urgence

Pendant la pandémie, le consentement des citoyens à la collecte de leurs données a été présumé. On ne leur a pas demandé leur avis. On leur a expliqué que c’était nécessaire, temporaire, contrôlé. Cette logique descendante a ses limites, apparues rapidement.

Un consentement présumé n’est pas un consentement éclairé. Les personnes les plus vulnérables, les moins informées, ont subi la collecte sans pouvoir la comprendre ni la contester. C’est le type de situation que j’ai appris à détecter en gendarmerie : quand l’asymétrie d’information est trop grande, le consentement devient une fiction juridique.

En situation d’urgence médicale, le droit prévoit que le consentement peut être présumé lorsque la vie ou l’intégrité de la personne est menacée et que ni elle ni son représentant ne peut être joint en temps utile. C’est une exception encadrée, pensée pour des gestes de soin immédiats. L’étendre à la collecte massive de données de localisation relève d’un glissement conceptuel que personne n’a assumé.

Le cadre juridique du consentement aux soins en urgence repose sur une nécessité vitale immédiate. Or, la collecte de données mobiles n’a jamais été vitale pour un individu précis à un instant T. Elle servait une finalité collective, diffuse, à moyen terme. Ce n’est pas le même registre de justification, et la confusion a nourri le malaise.

Les enquêtes menées après la crise montrent des attentes simples. Les citoyens voulaient savoir qui collectait, pour quoi faire, pendant combien de temps, avec quelles garanties. Ces questions n’ont pas toujours reçu de réponses claires. Chaque silence a été interprété comme une dissimulation.

Les applications de traçage, une confiance mal calibrée

StopCovid puis TousAntiCovid ont été lancés avec un cadre juridique en cours de consolidation. Les autorités garantissaient le respect de la vie privée. Mais les mécanismes de contrôle indépendant n’étaient pas tous en place au démarrage.

Comment croire aux garanties quand elles arrivent après le lancement

La question n’est pas rhétorique. Elle explique l’échec d’adoption de ces applications. Les Français n’ont pas rejeté la technologie. Ils ont rejeté l’improvisation.

Le débat sur le Grand Débat national et l’analyse algorithmique des contributions illustre un problème similaire : quand la plateforme repose sur un logiciel propriétaire, ni l’État ni les citoyens n’ont accès au code. L’opacité technique nourrit la défiance, même quand les intentions sont bonnes. Pour les applications de traçage, le même mécanisme a joué : un outil fermé, des explications après coup, une adhésion en berne.

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Le consentement dans l’urgence n’est pas un blanc-seing

C’est une dérogation qui exige un contrôle renforcé, pas une confiance aveugle. Or le contrôle est arrivé trop tard pour être crédible.

Appel à l'action pour lutter contre le coronavirus Covid-19

La fiabilité des données, le grand absent du débat

Premier biais : tout le monde n’a pas un smartphone. Les personnes âgées, les populations précaires, les enfants sont sous-représentés. Les modèles construits sur ces flux décrivent une population partielle. Pas la population réelle.

Deuxième biais : un téléphone ne dit pas qui le porte. Une personne peut laisser son mobile à domicile, le prêter, en posséder deux. Le signal de localisation ne correspond pas toujours à une personne identifiable.

Troisième biais, plus technique : les antennes relais ont des portées variables. La densité urbaine fausse les mesures, les zones rurales sont sous-équipées. Un déplacement de quelques mètres peut faire basculer une personne d’une zone à l’autre.

Ces imprécisions comptent peu pour des tendances nationales. Elles deviennent critiques pour des décisions locales.

L’agrégation de données, dans son acception technique, vise à isoler des informations pertinentes pour répondre à un besoin défini. Mais ce processus implique des choix : quelles variables regrouper, à quel niveau de granularité, avec quelles pondérations. Ces choix ne sont jamais neutres.

Ils orientent les résultats sans que les décideurs en aient conscience. Pendant la crise, personne n’a rendu publics les arbitrages méthodologiques derrière les cartes de mobilité.

La fiabilité ne concerne pas seulement la collecte, mais aussi l’interprétation. Une donnée agrégée peut être statistiquement exacte et trompeuse si le périmètre de collecte est biaisé. Les opérateurs téléphoniques transmettent des informations en continu, chaque téléphone connecté à une antenne-relais signalant automatiquement sa position.

Un VPN, c'est un tunnel chiffré entre votre appareil et internet : votre fournisseur d'accès ne voit plus ce que vous faites, et votre adresse IP réelle reste masquée.

Concrètement, ça sert à deux choses : protéger votre vie privée, et contourner les blocages géographiques (catalogues étrangers, sites inaccessibles depuis la France). Les 2 services ci-dessous sont ceux que j'utilise et recommande, selon ce que vous cherchez.

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Les deux offrent une garantie satisfait ou remboursé de 30 jours.

Mais cette infrastructure n’a jamais été conçue pour la surveillance épidémiologique. Elle a été détournée de son usage premier, avec les approximations que cela implique.

Type de biais Conséquence sur les modèles
Population non équipée en smartphone Sous-représentation des personnes âgées et précaires
Téléphone partagé ou multiple Signal de localisation dissocié de l’individu
Portée variable des antennes relais Imprécision accrue en zone rurale et urbaine dense
Obsolescence rapide des modèles Paramètres obsolètes à chaque variant ou vague

Ce que les opérateurs ont accepté de partager

Orange s’est associé à l’Inserm pour comprendre la diffusion du virus. Les données étaient agrégées, jamais nominatives. Mais l’opérateur marchait sur une ligne de crête entre sa réputation et les attentes publiques.

Son modèle économique repose sur la confiance des abonnés. Partager des données, même agrégées, pouvait passer pour une trahison.

La transparence a été la meilleure défense

Les opérateurs ont publié des méthodologies, expliqué les agrégations, précisé les durées de conservation. Cette communication n’a pas tout résolu, mais elle a évité le pire. Les abonnés n’ont pas protesté massivement. Ils ont accepté le principe d’une collecte agrégée pour des raisons sanitaires, tant que les garanties restaient crédibles.

Les données des opérateurs téléphoniques circulent en continu, chaque téléphone mobile connecté à une antenne-relais transmettant automatiquement des informations sur sa localisation. Cette infrastructure existe déjà. La seule question qui compte est celle du cadre qui l’entoure. Les opérateurs l’ont compris mieux que les pouvoirs publics : la confiance des utilisateurs ne se décrète pas, elle se gagne par la transparence et la constance.

Questions fréquentes

Les données mobiles ont-elles permis d’identifier des personnes pendant le Covid-19 ?

En France, les collectes étaient agrégées pour éviter l’identification individuelle. Mais les données anonymisées restent réidentifiables dans certains cas, dès qu’on les croise avec d’autres sources comme les habitudes de déplacement.

=> À lire aussi : Surveillance, contrôle et espionnage des données : La vie privée dans un monde de collecte de données

La confiance, une ressource qui ne se décrète pas

UNTL

Les pays qui ont maintenu l’adhésion pendant le Covid-19 sont ceux qui ont expliqué, justifié, rendu des comptes.

Cette confiance est une ressource stratégique au même titre que les lits d’hôpitaux ou les stocks de masques. Elle se cultive, se mesure, se perd. Une crise sanitaire qui érode la confiance laisse des traces.

Et les outils numériques ne remplaceront jamais le travail d’explication. Ils le complètent, à condition d’être compréhensibles et contrôlés.

La formule est connue, mais elle prend un sens particulier ici : la confiance ne se décrète pas, elle se construit. Le pouvoir peut appeler à la confiance, ce n’est pas ainsi qu’elle se gagne. Elle relève du résultat et de la garantie transitoire, pas de l’injonction. Pendant la crise, les autorités ont parfois semblé l’oublier, confondant communication descendante et construction de la légitimité.

Cette infrastructure existe déjà.

Ce qu’il faudrait faire différemment

Vous savez déjà lequel vous correspond ? Accès direct :

  • Établir un cadre juridique permanent pour les urgences sanitaires, pas des dérogations improvisées.
  • Créer une autorité indépendante de contrôle des dispositifs numériques de santé.
  • Former les décideurs publics à la lecture critique des données et des modèles.
  • Impliquer les citoyens dans la définition des finalités et des garanties.
  • Documenter les dispositifs déployés pour permettre un audit indépendant après la crise.

Ces mesures ne relèvent pas de la technocratie. Elles relèvent de la prudence élémentaire. La prochaine crise ne laissera pas le temps d’improviser un cadre : il doit exister avant.

Quels pays ont utilisé les données mobiles de manière plus intrusive que la France ?

Israël a mobilisé ses moyens de renseignement pour tracer les personnes infectées. Taïwan vérifiait le confinement par les données mobiles des malades. La Corée du Sud publiait les trajets détaillés des cas positifs.

UNTL

Les angles morts du tracking mobile

Cas limite Ce que le tracking ne voit pas Conséquence pour StopCovid
Un hameau normand en zone blanche Pas de 4G, Bluetooth seul ne suffit pas à remonter les contacts si le téléphone est en veille profonde Faux négatifs massifs : les clusters ruraux ont été sous-estimés pendant des semaines
Une personne âgée avec un vieux téléphone à clapet Aucune application installable, aucun historique de localisation exploitable La tranche d’âge la plus à risque est restée invisible dans les données agrégées
Un immeuble haussmannien dense à Paris Le GPS place tout le monde au même point, le Bluetooth traverse les cloisons Contacts fantômes entre voisins qui ne se sont jamais croisés, file d’alerte saturée
Un travailleur de nuit en horaires décalés Les modèles statistiques calibrés sur des journées standard ignorent les flux nocturnes Les chaînes de contamination en milieu professionnel nocturne sont passées sous les radars

D’où viennent ces témoignages

Sur un échange consacré aux tests de confidentialité des navigateurs, un internaute rappelle que le pistage ne passe plus seulement par les cookies ou les extensions. Le fingerprinting par GPU identifie une machine par des caractéristiques matérielles que l’utilisateur ne contrôle pas. Les outils de blocage des publicités ne couvrent pas ce vecteur. Un autre participant le reconnaît : il a lu l’article sur le sujet, mais n’a jamais creusé, parce qu’il signe ses messages de son vrai nom et considère que sa vie en ligne est déjà exposée. C’est le raisonnement que les opérateurs de tracking espèrent généraliser.

La discussion sur les logiciels espions donne un aperçu plus inquiétant. Un utilisateur découvre un programme capable d’aspirer journaux d’appels, photos, SMS, position GPS et contacts, puis de les envoyer vers un ordinateur distant. Il demande si ce type d’outil peut aussi s’installer sur un PC et voler ses données. La réponse est embarrassante : oui, ce genre de logiciel existe, et il est commercialisé avec des usages « légitimes » (surveillance parentale, supervision d’entreprise). Les antivirus les classent comme programmes potentiellement indésirables plutôt que comme menaces franches. La frontière entre outil de contrôle et espionnage dépend de la confiance que vous accordez à la personne qui l’installe.

Ce qui ressort de ces retours, c’est que le débat sur les données mobiles en période sanitaire ignore une réalité de terrain : les gens ne savent pas ce que leur téléphone peut révéler, ni à qui. L’utilisateur qui découvre un mouchard dans son appareil ne comprend ni son fonctionnement ni sa portée. L’internaute qui teste son navigateur apprend qu’il est identifiable par sa carte graphique.

Le citoyen montréalais constate qu’un couvre-feu a fait baisser les cas, mais aucun responsable ne veut en tirer les conséquences. Chacun bricole sa propre compréhension, avec les moyens du bord.

=> Voir aussi : Loi et législation sur les dispositifs de localisation des téléphones portables

Mon avis sur ce qu’on n’a pas voulu voir

Le plus frappant dans cette histoire, ce n’est pas la technologie. C’est l’absence de débat sur ses limites. On a posé la question de la légalité, rarement celle de la fiabilité.

On a parlé de vie privée, rarement de qualité des données. Comme si une donnée légale était forcément une donnée utile.

C’est faux. Une donnée illégale est inutilisable, mais une donnée inexacte est dangereuse. Et pendant la crise, personne n’a interrogé l’exactitude des flux de mobilité.

On débattait de la légalité de la collecte. Pas de sa capacité à décrire la réalité.

Si une prochaine crise survient, je ne suis pas certain que nous soyons mieux préparés. Le cadre juridique reste incomplet. La confiance reste fragile. Et les données mobiles restent ce qu’elles ont toujours été : un outil puissant, biaisé, et profondément ambivalent.

Les données mobiles sont-elles fiables pour mesurer les déplacements ?

Elles sont biaisées : tout le monde n’a pas de smartphone, un téléphone ne dit pas qui le porte, et les antennes relais ont des portées variables. Elles décrivent des tendances globales, pas une réalité précise.

Mise à jour septembre 2026. Article vérifié le 15/08/2026 : contenu à jour. Source : fr.wikipedia.org

Quand l’État collecte, l’OPJ écoute

Pendant mes années en brigade territoriale, j’ai vu ce que donnait la collecte d’informations quand elle est bien encadrée : des réquisitions, des procès-verbaux, une chaîne de responsabilité.

Chaque donnée qu’on remontait avait un nom, un cadre légal, une finalité précise.

La donnée brute n’a jamais protégé personne. C’est le cadre qui protège.

Grégory Hénique

4 réflexions au sujet de « Covid, vos données mobiles sont moins fiables qu’on ne le dit »

  1. gireline

    Ah bah super, bientôt l’appli qui te dit aussi quand t’éternues trop fort mdr

  2. Lisnsepir

    Petite précision : ce genre d’appli n’identifie jamais un virus, elle compare juste des signaux Bluetooth entre appareils. Donc le titre est trompeur, mais techniquement c’est du contact tracing, pas du tracking viral.

  3. Elodie_Petite_Souris

    Moi perso j’ai installé ce genre d’appli au tout début, on nous avait promis monts et merveilles. Au bout de trois semaines je recevais des alertes pour des gens que j’avais jamais croisés, à des heures où j’étais même pas sorti de chez moi. Du coup j’ai désinstallé, et bizarrement le monde n’a pas arrêté de tourner. Franchement je demande juste à voir une seule preuve concrète que ça a servi à quelque chose, un chiffre, une étude, n’importe quoi. Parce que là on nous demande de faire confiance sur parole et moi la parole des applis qui bouffent ma batterie et mes données, comment dire… J’ai déjà donné.

  4. Risk-RPG

    Encore un article qui tourne autour du pot… Ça track les gens, point barre. Faut arrêter de nous prendre pour des jambons.

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